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mardi 4 décembre 2018

Gilets jaunes


 
Alors aujourd’hui voilà les Gilets Jaunes. S’il faut être surpris d’une chose c’est d’avoir attendu si longtemps pour en arriver là. Lorsqu’ils font tout pour revenir au monde d’hier, celui du XIXe siècle, celui de l’Ancien Régime, nos dirigeants ne peuvent pas être étonnés de voir le peuple en revenir aux réactions violentes de ces époques. C’est leur manque de préparation et leur attitude face aux évènements qui étonnent ; comme s’ils ne connaissaient pas l’Histoire de leur pays.

Les barricades ont toujours pour origine des facteurs économiques, politiques, culturels, et sont toujours la réponse à des choix, des décisions, des élites dirigeantes. 1968, 1871, 1848, 1830, 1789,... On ne remontera pas aux Jacqueries, mais on pourrait. 

Economie

Pas la peine de faire long… C’est facile à comprendre. Pouvoir d’achat, chômage, salaire, CDI, CDD, coût de l’énergie, chasse au « gaspi », Réformes fiscales et du droit du travail… Celui qui écrit ces lignes est né en 1973, alors ces mots là, c’est niveau bourrage de crâne. Quand on ne pense plus à vivre mais seulement à survivre, quand on a été bien dociles pendant plus de 40 ans, que l’on a fait tous les sacrifices imposés par tous les gouvernements depuis la fin des « années glorieuses », que l’on vous a promis une vie meilleure pour vos 60 ans, que vous avez cotisé pour ça, et que finalement on vous fait comprendre que vos beaux jours il faudra vous les réserver pour votre mort, que vous réalisez amèrement que vos enfants et petits-enfants vivront encore moins bien que vous, que vous n’avez tout bonnement plus rien à vous mettre dans l’assiette, quand vous apprenez que le patron qui vous a « restructuré » pour relancer la compétitivité de votre boîte et qu’il en a touché des millions et que ce n’était pas encore assez pour lui au point de se comporter comme un vulgaire escroc, quand vous ne regardez plus vers le haut mais que vous craignez de finir encore plus bas,… ça vous met « un peu en rogne », vous estimez votre colère légitime, ça vous donne envie de tout casser car vous n’avez plus rien à perdre, surtout que vous voyez que d’autres parmi les moins nombreux et toujours les mêmes tirent de savoureux bénéfices de ces années de soi-disant « crise ».

Politique

Pas la peine de faire très long non plus… « Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent » disait un président de ces années là. Eh bien, ils, vous, nous, eux, les Gilets Jaunes, les abstentionnistes, ne veulent plus écouter. Les programmes électoraux depuis presque 50 ans sont remplis de plein-emploi, de lutte contre le chômage, de pouvoir d’achat, de changements,… Alors soit notre classe politique est incompétente : elle ne peut en rien lutter contre les maux économiques ; soit elle est malveillante : elle ne veut pas le faire, car elle trouve un intérêt à cette situation… (Le chômage ne serait-il pas très pratique finalement ?) Incompétence ou malveillance… au final du côté du citoyen c’est gilet jaune et jaune gilet. 

On a résumé le rôle du citoyen à son passage dans l’isoloir… mais quand il donne clairement son avis, qu’il dit « non » (petit mot emblématique de la résistance, de l’avertissement…) et sur un sujet aussi important qu’un traité institutionnel qui va directement bouleverser son existence, eh bien, on nie son refus, on le biffe… Nos dirigeants, nos députés, nos représentants, tous, réunis en Congrès dans le palais des rois, ont bafoué le Suffrage Universel. Ils ont bafoué la souveraineté nationale. La puissance législative appartient au peuple et ne peut appartenir qu’à lui… non ? Et si les Gilets Jaunes de 2018 c’était aussi un peu une réaction consciente ou inconsciente à ce coup d’Etat de 2008 ? Comment peut-on être étonné de voir cette colère de citoyens obligés de subir les conséquences d’une politique européenne qu’ils ont pourtant clairement refusée ?

Macron président. Et si les Gilets Jaunes, c’était aussi la réaction à ce simulacre d’élection présidentielle ? Avez-vous vraiment eu le choix ? Un président par défaut, (et Macron n’est pas le premier), parce que le scrutin a été, comme c’est presque toujours le cas depuis longtemps, confisqué par l’épouvantail de l’extrême droite, peut-il être un bon président ? Comment unir ? Comment fédérer ? Et puis ceux qui étaient vraiment convaincus par le FN, n’ont-ils pas réalisé, brutalement, pendant le débat de l’entre deux tours, que leur chef de file ne voulait pas le pouvoir : tant d’incompétence, d’amateurisme, avec toutes les bardées de conseils et de communicants, est-ce vraiment possible ? Certains qui croyaient sincèrement en cette voie, n’ont-ils pas découvert subitement la supercherie de ce parti ?

Résistance et Obéissance : les deux vertus du citoyen. Le problème n’est pas que le peuple ne veut plus obéir : c’est qu’il ne peut plus. Obéir à quoi ? A Qui ? L’exemplarité, est-ce vraiment superflu quand on exige le respect, l’obéissance à la Loi? Nos élites dirigeantes ne sont même pas capables de s’imposer ce qu’ils veulent imposer à la masse. Ils ne peuvent même pas respecter le préambule et les deux premiers articles de notre Constitution… (Vous pouvez lire notre charte aussi tiens à ce sujet, si vous voulez rire un peu). 

L’indépendance et la pluralité de l’univers médiatique, journalistique, c’est important pour un climat politique serein et on peut s’interroger sur la présence systématique de certains experts-chroniqueurs-débateurs sur les antennes, dans les colonnes, distillant toujours les mêmes paroles et trouver suspect le silence des journalistes-animateurs face à certains propos de certains hommes politiques qui récrivant l’histoire, les faits, nous donnent l’impression d’être dans « 1984 ».

Culture. 

On peut aller vite aussi sur ce point. Tout le discours politique ne se résume plus qu’à l’économie… Même les tueries de masse dans nos écoles et dans nos salles de concert ne font pas le poids face à chômage et pouvoir d’acheter. Certains s’étonnent des réactions du « peuple » (on sent qu’ils se retiennent de dire « populace »). Mais peut-on s’étonner quand on ne lui a donné pendant longtemps comme horizon indépassable que la possession de biens matériels ? Quand il ne peut plus s’acheter tablette, smartphone, et autres gadgets, que reste-t-il à l’homme consommateur pour remplir une existence soumise à  la publicité ? C’est un lieu commun de qualifier notre société de société de consommation mais c’est aussi un choix politique. Ce n’est pas une fatalité. 

Quel rôle donne-t-on à l’école depuis de nombreuses années ? Celui d’un lieu de formation sinon professionnelle au moins utilitaire. Où sont les Humanités ? Sans Humanités pas d’Espoir, pas d’élévation possible… c’est un peu rapide mais vous saisissez l’idée… 

Notre Président actuel n’a-t-il pas déclaré qu’il n’y avait pas de culture française ? Vous pensez sincèrement qu’il en est convaincu ? Vous n’avez pas l’impression qu’il se moque ? Ne voulait-il pas dire qu’il n’y a pas de « culture française »… pour « ceux d’en bas » ? Domaine réservé que la culture : « qu’ils se préoccupent de survivre, c’est déjà ça ; le théâtre, la philosophie, la littérature, le cinéma, les arts, les musées… pure perte de temps pour les gueux ». 

Cela ne vous agace pas, vous, de les entendre sempiternellement parler de « pédagogie » ? Cette infantilisation des citoyens n’est-elle une profonde marque de mépris. Résistance, Obéissance, les vertus citoyennes. Alors ? Est-il possible d’obéir en face d’une telle mésestime ou peut-on comprendre une volonté de résistance ? Encore une fois, l’exemplarité, est-ce vraiment une notion superflue ? Quels sont nos modèles culturels ? Notre société est-elle plus Johnny Halliday ou plus Victor Hugo ? Macron chez Hanouna : tout est là. 

Je viens de voir deux Gilets Jaunes face à une représentante du peuple estampillée « En Marche ». Cette dernière pourtant bien incapable d’en donner le montant affirmait fort qu’il ne fallait point augmenter le salaire minimum de notre pays. Pédagogie disent-ils ? 

Observer les bouleversements syntaxiques des propos présidentiels et l’appauvrissement de leur vocabulaire depuis les débuts de la Ve république est assez révélateur du dédain vis-à-vis du corps des citoyens. 


Economie, Politique, Culture… Pour finir en résumant et en se répétant : nos élites dirigeantes, n’ont pas compris que le peuple voyait clair dans leur jeu ; elles n’ont pas compris qu’elles étaient observées. La misère regarde Jupiter et Jupiter ne voit pas la misère. La catastrophe est donc inévitable. Vouloir revenir au modèle social du passé, (les « possédants », les « honnêtes gens », « les privilégiés » contre « la masse », « la meute », « les gens d’en bas »), conduit à un retour des soubresauts, des insurrections, des révoltes. Ceci produit cela.

D.A. 

lundi 18 juillet 2016

Encore une fois...

Encore une fois…

Encore une fois, un attentat islamiste frappe notre pays.
Encore une fois, une tuerie de masse.
Encore une fois, la longue litanie de messages, sincères et touchants, de petits dessins poignants, tweets et posts d’anonymes ou de personnalités, niçoises, françaises ou étrangères, en signe de soutien à notre pays et à nos compatriotes, mais aussi touristes ou résidents, frappés de plein fouet.
Encore une fois, des Marseillaises, des drapeaux en berne, des minutes de silence, des rassemblements.


Me concernant, en 18 mois, sous la pluie, le soleil, le froid ou le vent, trois fois avec mes collègues nous sommes descendus, gauchement, sur le trottoir, immobiles, ne sachant pas trop quoi faire de nos bras, n’osant nous chercher du regard, pour une minute de silence (qui dure 2 ou 4 minutes, nul n’osant la briser).

Eh bah, je sais pas vous, mais moi j’en ai marre.

Marre des dessins, marre des slogans, marre des minutes et marre des drapeaux en berne.

C’est très bien, il faut être compatissant, je le suis, je l’ai été, mais ça ne suffit pas.

Car maintenant que mon profil facebook est noir ou que j’ai envoyé des « je suis niçois », je fais quoi ? On fait quoi ?

Il faut être, dussé-je le rabâcher, intraitable avec nos ennemis.

Ça suppose, selon moi, un préalable : de la cohérence.

On se dit de Droite ? Fort bien. On se dit de Gauche ? Encore mieux. On se dit même, allez, du Centre ? Va bene. Mais se dit-on cohérent ?

Comment peut-on, lorsqu’on est, en théorie, descendant du gaullisme, se précipiter à une messe médiatique dès le 15 juillet ? Quel message, quelle « storytelling » nourrit-on ? On veut flatter l’électorat conservateur attaché aux valeurs chrétiennes de notre pays ? Mais les valeurs, ça ne se montre pas à la télé, ça se pratique, ça se porte, ça s’incarne.

Etre un ancien Président, et donc un homme d’état, cela incombe de la retenue, de la mesure, et pas de la bassesse électoraliste, pour des pseudo-calculs à courte- vue, des calculs perdants d’ailleurs mais j’y reviendrai.

Donc en faisant cela, on laisse passer le message que pour répondre à l’obscurantisme de certains religieux, on opposera la bonne parole d’une autre religion : quid des autres pratiquants qui ne reconnaissent pas dans les premiers ? Quid de tous ceux qui ne se reconnaissent dans aucune des deux religions, qu’ils en pratiquent une autre ou pas d’ailleurs ? quid même des prélats et de leurs ouailles qui se voient captifs d’une sorte de meeting bis ?

Mais à Gauche, que fait-on ? On réplique illico à toutes les mesquines, pour ne pas dire indécentes, attaques de la Droite, et ainsi continue le ping-pong… N’ont-ils donc rien retenu eux aussi des images catastrophiques de l’Assemblée Nationale qui se déchirait quelques jours après les attentats dits du Bataclan, dès le lendemain du Congrès Versailles en Novembre dernier, devant la Nation ?

Cela vaut il donc la peine de s’abaisser au niveau de la Droite en de pareilles circonstances ?

Quelle mémoire de poisson rouge !

Mais cela, c’est, me direz-vous, l’écume des choses, étant entendu qu’hélas la majorité de nos concitoyens ne s’arrête plus vraiment sur les errements verbaux de nos politiques, à regret.

Alors, avec ça, comment répondre, pour nos gouvernants, à la menace qui n’en est plus une depuis 2012, à la réalité de cette guerre (guerre, conflit, guerre asymétrique…je laisse ces débats à d’autres : pour moi il s’agit bien là d’une guerre) ?

Compliqué.

Eh bien, on repart de la base.

Partons du principe que tout ne peut pas venir, et ce dans bon nombre de domaines, du haut de la pyramide. Des élites, il en faut, des modèles, on en a besoin, mais c’est à nous de nous bouger pour qu’ils se bougent, pas l’inverse. Ça ne marche pas, ça ne marche plus.

Et donc, on reste solide, soudé, mais intraitable.

Ce message étant sur facebook, commençons donc par-là : plus de blabla, du concret.

Militez, engagez-vous qui dans un parti pour le changer de l’intérieur, qui dans un syndicat, une association, ou mieux encore, à la croix-rouge, chez les pompiers, les forces de l’ordre… : chacun peut aider son prochain dans la mesure de ses moyens.

Et surtout portons ensemble nos valeurs ancestrales, nos 3 mots qui terminent en –té comme dirait l’autre, en ajoutant le quatrième, qui est le plus mis à mal : la laïcité.

Si la Droite, on l’a vu, n’est pas claire, force est de constater, de déplorer, que la Gauche ne l’est pas plus.

Idiots utiles ?

Car de petits bassesses en grands aveuglements, chacun pourra mettre des noms connus, là n’est pas mon propos, nous constatons partout des reculs sur nos valeurs. Pourquoi le taire ?

Comme le disait quelqu’un de tout sauf laïque : « N’ayez pas peur !».

Peur de quoi ? Oui de quoi avons-nous trop souvent peur à Gauche ? D’être taxé de raciste, l’insulte suprême.

Combien, combien de camarades vois-je si prompts à se révolter, selon moi à raison d’ailleurs, contre les injustices sociales même, voire surtout, quand elles sont portées par notre camp, mais rester plus que silencieux ou frileux devant la crainte d’être accusé de « faire des amalgames » et, partant, « le jeu du FN » ?

Pourquoi ?

Il y a des « Territoires perdus de la République » ? Une « France périphérique ? » Une « Insécurité culturelle » ? Un « Silence coupable » ? Une « Génération Radicale » ?

« Non… » ou au mieux « Oui, mais … » me rétorqueront bon nombre de camarades de mon parti (quand les œuvres citées entre guillemets sont pourtant issues des rangs de la gauche pour la plupart) ou de partis alliés.

C’est pourquoi la Gauche Laïque et Républicaine, se doit de répondre : « oui ». Pas pour s’y résoudre et s’en contenter, naturellement, mais pour le combattre et le dépasser.

Car c’est vrai, deux attitudes sont à adopter : soit on se terre comme une autruche, mais en ce cas on n’avance pas, soit on le reconnaît et on avance, mais en ce cas on y laisse des plumes.

Mais les plumes, ça repousse.

Au fond, sinon, qui au bout du chemin sortira gagnant de tout cela ? L’actuel premier parti de France (lors des derniers votes, et dans tous les instituts de sondage, la drogue dure de nos médiacrates et décideurs) : le FN.
Peu d’aide à attendre pour la Gauche de la part de la Droite, comme on l’a vu plus haut : tous les calculs à courte-vue de la plupart des leaders de Droite qui souhaitent être plus à droite que moi tu meurs, ne marchent pas : les gens préfèreront toujours l’original à la copie.

Et moi, comme tous les combattants anti-racistes et féministes, je ne souhaite pas me résoudre à la victoire du FN, ce qui j’ose le croire est partagé par tous à Gauche.

Alors, évidemment, il y aurait aussi énormément à dire sur nos mass médias, qui 90% du temps se font les meilleurs fondés de pouvoir de l’abrutissement des foules, sur bon nombre de sujets (tout est fric, paillettes, sensationnel et sans recul, sans dignité ni déontologie comme ce carnage l’a encore démontré ce week-end) et particulièrement celui-là, là encore c’est au citoyen d’agir : il n’est pas qu’électeur, il est consommateur, zappeur, lecteur…ou pas.

Regardez, ce n’est qu’un timide début mais France Télévision s’est excusée publiquement devant le tollé suscité par des téléspectateurs (financeurs avec leurs impôts qui plus est) devant leur traitement indigne de l’info.

Alors, oui, c’est possible, c’est compliqué, c’est long… mais en faisant bloc, en se serrant les coudes, il y a de quoi faire, vraiment ça vaut le coup, putain, largement, pour nous comme nos gosses, faut y aller, ensemble.

NB : désolé pour la longueur, j’étais pour ma part assez incapable d’écrire calmement ce w-e, préférant laisser passer la minute de silence et que ma colère s’estompe un peu.


SM

jeudi 7 avril 2016

Printemps Républicain vs Nuit Debout

A propos de la Nuit Debout. A propos du Printemps Républicain.
Voilà l'idée que l'on peut se faire lorsque l'on flâne sur les réseaux...

#PR, Des bobos politicards arrivistes.
#ND, Des chevelus sans cervelle.
#PR, Des soumis au PS et au gouvernement.
#ND, Des rêveurs utopistes.
#PR, Des inconscients encore à faire des tables rondes. 
#ND, Des fainéants profiteurs affiliés à l'extrême gauche.

Finalement,
#ND #PR, Des déconnectés de la réalité.

Deux réactions.
L'indignation de lettrés, de professeurs, d'avocats, d'anciens ministres, d'universitaires, d'anciens élus... voulant une énième association,...
La colère naissante des autres... désirant changer le système.

Des lieux différents.
Le confort de son salon. Les plateaux tv. Les studios radio. Des salles de spectacle de quartiers bobo.
La rue. Une place emblématique.

Deux objectifs.
La volonté de débattre, de discuter, de proposer... Encore... Entre gens du même monde.
Le désir d'une véritable démocratie, d'une dignité économique... Tout de suite...

Indignation passagère et volonté stérile... comme toujours.
Colère spontanée et désir inaccessible... comme toujours.

Une alternative?

dimanche 13 mars 2016

Encore un Printemps...

De la persistance des maux économiques à une déchéance globale du pays sur tous les plans. Voilà l'impression. Rien ne semble plus tenir. Les fissures de l'édifice s'élargissent. Liberté. Égalité. Fraternité. Et la Laïcité. Tout est attaqué.

Dans ce contexte, voici un énième appel. Un nouveau manifeste. Une autre profession de foi. Le Printemps Républicain est là. #printrep.  Des intellectuels, des élus, s'insurgent, s'indignent, s'agitent, se regroupent. Le 20 mars. A la Bellevilloise. A Paris. Pour la défense de la laïcité.

J'aurais aimé y trouver un peu plus, dans ce manifeste. Une approche ayant pourquoi pas un peu plus le sens du peuple, pour ne pas dire plus populaire. Les intellectuels s'émeuvent, à juste titre, pour les atteintes à la laïcité, une valeur qui les touche, mais dans ce texte républicain point d'allusion à la misère économique qui, si elle n'explique pas tout et n'excuse rien, aggrave certainement; point d'allusion à l'école qui, si elle est bien menée, est la solution pour un avenir meilleur; point d'allusion à notre Constitution qui, dans son préambule, rappelle nos textes fondateurs, nos principes et devrait être de nouveau notre point de départ ou au moins d'ancrage. Je sais bien que l'on ne peut tout dire dans un tel texte.  Mais par les temps présents, il serait sans doute bon de montrer haut et fort que la République c'est un tout.  C'est un équilibre de valeurs que l'on doit respecter. Il doit y avoir consensus sur des institutions existant pour nous encadrer et nous protéger. L'Etat est là.

Mais bon. Je suis un simple citoyen. Je ne suis pas avocat. Je ne suis pas professeur d'université. Je ne suis pas essayiste ou chroniqueur. Je ne suis pas journaliste. Je ne suis pas homme de lettres au sens large. Encore moins artiste.

Je ne suis donc pas ce que l'on appelle un intellectuel.

Je ne suis pas un ancien élu et n'aspire pas à le devenir. Je ne me considère pas comme un "acteur de la société civile" parce que je ne comprends finalement pas vraiment ce que peut bien regrouper cette catégorie.

Je suis un simple citoyen. Et c'est en tant que tel que j'ai signé ce manifeste. Après tout, il est vrai que la laïcité est un principe important de notre République et ce serait se voiler la face que de nier les remises en cause qu'il subit.

"Simple"?

Mais pourquoi donc cet adjectif au fait? Pourquoi cet emploi spontané pour qualifier la citoyenneté de ceux qui  n'appartiennent pas aux populations énumérées plus haut?

Il n'existe normalement pas de hiérarchie entre les citoyens. Non?
Comment se fait-il que certains se considèrent comme des "simples", des "lambda"? Pourtant leur civisme est irréprochable. Et pas seulement du point de vue électoral. Ils respectent les lois. Ils paient leurs impôts. Ils assurent la survie et l'éducation de leur progéniture. Ils participent au bien-être de la vie en communauté par le biais d'association de toutes sortes. En quoi sont-ils de "simples" citoyens?

Pourquoi ai-je l'impression que ces citoyens sont absents de l'élaboration d'un tel texte, qu'il n'a pas été rédigé pour eux et qu'ils ne seront pas concernés par la suite du projet? Pourquoi ai-je l'impression d'un décalage...? Encore une fois.
Où veut aller ce Printemps Républicain? Un futur parti? Un organisme de surveillance? Une association? Est-ce encore un moyen pour des intellectuels de se soulager la conscience momentanément ? Ne pouvaient-ils pas proposer d'emblée du concret au lieu de rencontres-débats-tables-rondes un dimanche après midi du mois de mars avec un gobelet à la main et le sourire aux lèvres, heureux de se trouver ou de se retrouver entre gens du même monde, au coeur de Paris?

J'ai signé avec le faible espoir que de cette initiative pourrait sortir quelque chose de bon . Parce que j'ai toujours de l'espoir en les causes nobles. Parce que cela ne me coûte rien. Parce que l'espoir c'est peut être tout ce qu'il nous reste, à nous les simples citoyens.

J'espère que, si ces mots tombent par hasard  sous les yeux de quelque initiateur du mouvement,  il ne s'en offusquera pas et que ne s'abattera pas sur moi son mépris le plus profond.  Je ne suis qu'un simple citoyen.


facebook Printemps Républicain



dimanche 24 janvier 2016

Des paroles et du buzz

Je me suis toujours demandé qui choisissait les familles, illustrant les reportages des journaux télévisés sur les thèmes les plus divers, (choix d'alimentation atypiques, frénésie des soldes, troubles du sommeil...).

Je me suis toujours demandé comment étaient sélectionnées les personnes interrogées sur les plateaux des émissions de débat.

Pas vous?

Cette semaine, lors de l'émission "des paroles et des actes", seule véritable émission politique de la plus grande chaîne du service public, une jeune femme présentée comme une enseignante et une citoyenne apolitique, (est-ce possible au passage?), a tenu un micro pendant près de 10 minutes pour énoncer plutôt maladroitement son discours, victimaire et rempli de sous-entendus, appris par coeur.

Dans les heures qui suivent, les réseaux sociaux ne manquent pas de s'emballer, et révèlent les accointances de l'intervenante avec des associations prônant le communautarisme le plus exacerbé. Ce qui confirmait ce que sa diatribe laissait supposer. Tous les mots clés sélectionnés, toutes les expressions employées appartiennent aux "éléments de langage" traditionnels d'association comme celles des Indigènes de la République ou des frères musulmans.

Au nom de la liberté d'expression, pourquoi ne pas donner la parole à cette personne face à un Finkelkraut que l'on entend partout depuis des années? C'est recevable.

Mais en ce cas il aurait fallu la présenter convenablement. Donner toutes les clés de compréhension et d'analyse aux téléspectateurs. Ou bien au moins intervenir à point nommé pour dévoiler les réelles intentions de la concernée. Au contraire, la complaisance a été totale et la tribune offerte sans questionnement.

Ici, deux possibilités. Soit l'animateur de l'émission, Pujadas, connait la biographie de l'intervenante et il s'agit d'une manipulation évidente, orchestrée sans doute pour susciter la polémique et le buzz... Soit, il ne sait rien, et prouve son incompétence.

Je me rappelle, il y a quelques semaines, un reportage du journal de 20h du même Pujadas offrant tribune à un blogueur de confession musulmane condamnant les attentats du 13 novembre. De rapides recherches dans l'historique de ce jeune homme faisaient apparaître une image bien dérangeante avec des menaces physiques et des propos misogynes. Incompétence? Malveillance?

La jeune enseignante "sans affiliation politique" dénonce un racisme latent depuis des années envers les musulmans français, victimes de discriminations à tous les niveaux et d'actes de violence en augmentation contre leur communauté. Elle critique des médias partiaux, instrumentalisés, trompant le bon peuple. Elle remet en cause les paroles de pseudo-intellectuels omniprésents (en sélectionnant trois exemples qui lui paraissent emblématiques, Zemmour, Levy, et le présent Finkelkraut,... au hasard certainement). Et elle parle d'une islamophobie d'Etat. Rien de moins.

On révèle aussi sa véritable pensée par des silences. Pour une personne évoquant "le faire société", il est étrange de ne pas entendre certaines condamnations, le rappel de quelques faits récents.

Finkelkraut, pour une fois plutôt calme, rétorque simplement qu'il faut mettre le mot racisme au pluriel.

Il aurait pu évoquer la victime du gang des barbares, celles de Merah, celles des frères Kouachi, celles de Coulibaly, celles du groupe du 13 novembre. Et l'on comprend en écrivant cette dernière phrase la tactique pernicieuse des personnes comme cette citoyenne "lambda", le piège qu'ils tendent constamment par leurs discours. Piège évité partiellement par le philosophe. Celui de la provocation et de la volonté d'affrontement direct entre les communautés. Les commentaires sur les réseaux sociaux montrent à quel point cela fonctionne parfaitement.

Quelles seront les suites de cette intervention télévisuelle soi-disant spontanée? Aura-t-on une mise au point des équipes des services de l'information de notre service public?

D.A.

vendredi 11 décembre 2015

Abstention piège à cons II

Cette chronique de Raphaël Enthoven a suscité beaucoup de critiques virulentes sur sa page Facebook. Les abstentionnistes étaient qualifiés d'ingrats,  de malhonnêtes, d'irresponsables...

Abstention piège à cons

Depuis l'intéressé a restreint les possibilités de commentaires publics à ses posts sur son mur Facebook. Cela laisse songeur sur la fameuse "horizontalité" des réseaux sociaux. Certains ont le droit de recourir à l'insulte sur les ondes aux heures de grandes écoutes mais refusent de se confronter aux réactions aussi désagréables soient elles.  Il n'avait pourtant pas eu la même attitude lors d'une récente joute argumentative sur Facebook avec un rapper...

Ici, et on l'a souvent répété, on aime bien Enthoven pour diverses raisons.  Présentement, son attitude confirme pourtant les attaques qu'il réfute souvent: mépris de classe,  élitisme culturel,  condescendance,... c'est dommage.

Nous comprenons de plus en plus ici l'abstention même si nous ne la pratiquons pas. (Pas encore... on a du mal. On n'y arrive pas. Le déconditionnement est difficile) Et ce n'est pas en insultant que l'on peut convaincre ceux qui décident de ne plus choisir.

N'oublions pas que la citoyenneté ne se résume pas au passage devant les urnes.  Il semble que, depuis longtemps,  des citoyens se débrouillent, usent d'alternatives pour vivre en communauté (associations,  coopératives, bénévolat ou autres), et se passent très bien d'une représentation nationale toujours issue des mêmes catégories sociales et dont ils se sentent totalement coupés. Ils ne font plus confiance à des élus trahissant leurs paroles électorales, prêts à toutes les compromissions et tous les reniements pour conserver leur place via le suffrage, se comportant comme des adolescents hystériques sur les bancs de l'assemblée, englués dans des affaires judiciaires et ce au plus haut degré des magistratures.

Qu'on leur prouve donc que l'alternance politique est utile... Ne l'ont-ils pas suffisamment éprouvée? N'ont-ils pas assez entendu la rengaine du "changement c’est maintenant"? Reprenons l'histoire des élections depuis disons 1981, et recueillons nous devant l'autel des idéologies politiques. 

Ces "gens" que l'on moque, que l'on insulte, que l'on montre du doigt à chaque scrutin respectent les lois de leur pays, payent leurs impôts, éduquent leurs enfants, agissent forcément en citoyen au quotidien. Ils sont sans doute plus politisés que l'on veut bien le faire croire. Un seul moyen de le savoir: une vraie reconnaissance du vote blanc. Un vote blanc qui effraie nos professionnels de l'élection car sa reconnaissance permettrait un réel blocage des institutions par l'invalidation du suffrage et peut-être un véritable renouvellement de notre paysage républicain.

Et si les abstentionnistes avaient compris que voter toujours et encore pour le même personnel politique profitant pleinement d'un système à bout de souffle ne permettait qu'une seule chose: sa perpétuation...

Pouvons nous dire sérieusement que la fin de cette campagne des régionales avec ces incohérences de listes, ce cirque médiatique,  ces attaques indignes ne donnent pas des arguments aux abstentionnistes?

mardi 8 décembre 2015

Le meilleur des mondes, la revanche.

Un petit extrait. Juste comme ça.  Au hasard.

"
Si les politiciens et leurs électeurs n'étaient mus que par le dessein de servir leur intérêt à long terme et celui de leur pays,  ce monde serait un paradis terrestre. En réalité, ils agissent souvent contre leur propre avantage,  simplement pour assouvir leurs passions les moins honorables;  c'est pourquoi nous vivons dans un lieu de souffrances.

La propagande pour une action conforme à l'intérêt bien compris fait appel à la raison au moyen d'arguments logiques fondés sur les plus solides preuves disponibles,  exposées honnêtement et dans leur intégralité. La propagande pour une action dictée par des impulsions plus basses que l'intérêt présente des preuves forgées, falsifiées, ou tronquées, évite les arguments logiques et cherche à influencer ses victimes par la simple répétitions de slogans, la furieuse dénonciation de boucs émissaires étrangers ou nationaux, et l'association machiavélique des passions les plus viles aux idéaux les plus élevés, si bien que des atrocités en arrivent à être commises au nom de Dieu et que l'espèce la plus cynique de Realpolitik est traitée comme une affaire de principe religieux et de devoir patriotique.

"

Huxley, Retour au meilleur des mondes, 1958.

Allocution du parti abstentionniste

Encore une fois,  Article Deux est la tribune du président du parti de l'abstention. Avouons qu'il ne se renouvelle guère.


"
Chers compatriotes,


Au regard du score encore une fois extraordinaire de notre mouvement des abstentionnistes, il est temps de remercier tous ceux qui font de nous le premier parti de France.

Je veux parler d'abord de ceux qui nous ont rejoints récemment et qui, hier encore, glissaient dans l'urne un bulletin blanc ou un bulletin nul. Maintenant, ils nous ont rejoints et ont franchi un cap dans la non-participation politique. J’annonce, ici, d’ailleurs, que notre alliance avec nos camarades du parti Blanc se finalise. Ils ne se laissent pas duper, en effet, par la fausse reconnaissance que nos dirigeants ont attribué à leurs bulletins. Ces derniers sont désormais comptés à part mais n'ont toujours absolument aucune incidence sur les résultats définitifs. Ils sont donc toujours sans effet. C’est là, un camouflet pour les partisans du vote blanc qui contribue à les rapprocher de nous de façon définitive…

Je veux remercier encore une fois nos médias télévisés et plus précisément ces formidables chaînes d'information qui appauvrissent totalement, minutes après minutes, le jeu démocratique, le réduisant à un cirque médiatique, à une course à l’audience ridicule et qui, à force de répétitions, de débats stériles inaudibles, abrutissent totalement les citoyens et les poussent inexorablement à rejoindre nos rangs.

Il nous faut aussi ici avoir une pensée pour notre cher système scolaire qui, année après année, allègement de programme après allègement de programme, ne permet plus à nos nouveaux citoyens de posséder toutes les armes intellectuelles pour une bonne compréhension des enjeux démocratiques, et les en détourne alors inexorablement.

Venons en, enfin, à nos plus fidèles alliés, ceux à qui nous devons tant : les représentants, élus ou qui aspirent à l'être, de tous les partis politiques de notre beau pays. Leur incompétence, leur immoralité, leur absence de courage, leur dogmatisme, leur opportunisme, leur condescendance, leur hypocrisie, leur mauvaise foi, sont pour nous une bénédiction de chaque instant.

Bien sûr, nous n'oublions pas que pendant longtemps nous, partisans de l'abstention, avons été bien utiles à leurs yeux. En effet, un taux d'abstention élevé était toujours le moyen de culpabiliser les mauvais citoyens totalement éloignés de leurs devoirs civiques. C'était également le moyen pour l'élu de voir son niveau de responsabilité bien moins élevé car obtenu avec une frange du peuple dérisoire finalement. Enfin, faussant statistiquement la représentativité nationale, c'était le moyen pour les plus malins de profiter du système et de devenir des professionnels non pas de la politique mais du suffrage.

Mais aujourd'hui, la créature est en train de se retourner contre ses maîtres. L'abstention gagne et c'est par le suffrage universel, pourtant son mode d'expression, que la démocratie risque de porter à sa tête ceux qui veulent la voir mourir.

Nous ne nous sentirons pas coupables si une telle horreur devait se produire. N'entendons nous pas les hommes politiques à l'issue de chaque scrutin dire qu'ils vont tirer les enseignements de cette inquiétante montée de l'abstention et qu’ils s’en sentent responsables ? Leurs paroles ne sont que pure formalité de circonstance mais prouvent qu’ils ont bien conscience de leur responsabilité… À défaut d'enseignements ils subiront les conséquences définitives de leur hypocrisie. Et le peuple, lui, affrontera la situation… Nous aimerions ne pas avoir à en arriver là…

Nous, partisans de l'abstention, ne sommes pas des inconscients suicidaires. Nous sommes le peuple fatigué. Fatigués de voir que nos représentants nous imposent des règles qu'ils ne suivent jamais. Fatigués de n'avoir à choisir qu'entre la peste et le choléra pour ne tomber que de Charybde en Scylla. Fatigués d'être toujours considérés comme ignorants, taillable, et corvéable à merci. Ne comprennent-ils pas que notre silence et notre mépris de l'urne ne sont rien d'autre que de l'exaspération, premier signe de la colère ? Un contrat social suppose deux corps respectant mutuellement leur part. Pourquoi le peuple assumerait-il toujours ses engagements, ses devoirs, ses responsabilités, si les élites dirigeantes ne le font pas ?

Le peuple est toujours plein de bon sens : il retrouvera le chemin des urnes, il exprimera à nouveau sa voix démocratique, quand ses institutions et leurs textes fondateurs seront scrupuleusement honorés par ses élus. Je rappelle en tant que président du parti de l’Abstention que c’est là notre seul programme, notre seule volonté…

Mes chers compatriotes, pour les prochaines échéances électorales,  n'oubliez pas : «Un choix par défaut est un mauvais choix : Ne pas choisir ; c’est déjà choisir ».

"

Pierre-Paul MARTIN.
Président du PDA

lundi 7 décembre 2015

Election rime avec abstention

Petit retour sur le premier tour des régionales 2015. Comme personne ne peut être surpris du score  du FN, on préfère s'appuyer sur la réaction d'un philosophe au sujet d'un thème qui nous tient à coeur: L'abstention.

"L’abstentionniste n’est pas un électeur tellement exigeant qu’en son âme et conscience, après un examen minutieux, il constate qu'aucune proposition ne le satisfait... L’abstentionniste, c’est un snob qui a une si haute opinion de sa propre opinion qu’il aurait l’impression de la souiller en la mêlant à la tourbe des autres. C’est un enfant gâté qui, parce qu’il a décidé de ne pas voter, suspend son vote à la coïncidence (improbable) de ses désirs et des propositions que les politiques lui font.
Il ne faut pas s’y tromper. Qui veut s’abstenir trouvera toujours d’excellentes raisons pour le faire. En cela, son comportement ne renseigne pas sur la nullité des élus, mais sur celle des électeurs." Raphaël Enthoven, 7 décembre 2015.

Cliquez ci-dessous pour l'image et l'intégralité:

Abstention piège à cons

On partage cette vidéo parce que cela va plaire à certaines et certains (qui nous ont reproché notre approche récente sur la question) et parce qu'ici on apprécie monsieur Enthoven.

Un philosophe doit s'engager.  Il faut faire preuve de courage dans ses opinions.  Il convient donc de respecter les idées de l'intervenant.

Cependant, ...

On comprend la tactique du sieur Raphaël. Estimant que l'on est trop gentil (ce qui reste tout de même à prouver) avec l'abstentionniste, il use du contre-pied parfait en l'insultant.  Il veut susciter la réaction vive, choquante, celle qui déclenche le débat et l'intervention.  Un peu de buzz médiatique pour attirer le public. Or, n'est pas Zemmour qui veut.  En tant que chroniqueur quotidien, Enthoven a encore du chemin à parcourir et devra sans doute changer de cibles pour faire parler plus de lui.

Ensuite,  est-ce vraiment digne d'un philosophe que de mettre au pilori un bouc émissaire pour expliquer une situation?  Attitude que le concerné a pourtant amplement dénoncée pendant des années sur toutes les ondes et antennes... 

Son analyse serait pertinente et bienvenue avec un taux d'abstention ponctuel à 10 ou même à 20% mais lorsque, de façon récurrente,  la moitié du corps électoral n'accomplit pas son devoir,  cela renseigne aussi, n'en déplaise au philosophe des médias, sur la nullité des élus ou de ceux qui aspirent à l'être, et pas seulement sur celle des électeurs.

Le propos enthovenien tombe dans la facilité et le mépris de masse gratuit. Certains lui reprocheront d'être le signe d'un élitisme intellectuel et politique. Celui qui a si souvent appelé à penser contre soi-même semble ne plus être en mesure de le faire désormais.

Des millions de citoyens formés depuis l'enfance au respect et à l'exercice démocratique,  sont ainsi des "fainéants", des "malhonnêtes", des "irresponsables", des "ingrats"... sans que l'on entende dans les propos du chroniqueur la moindre nuance apportée par une analyse politique ou historique, même succincte (décennies de promesses électorales non tenues, décennies d'inefficacité sur le plan économique,  déni de l'expression populaire de 2005).

Ne tirons donc aucun enseignement des comportements de nos élites politiques ni de ceux qui les conseillent. Continuons donc ainsi, il ne s'agit que de quelques mauvaises graines, que "d'enfants gâtés"...

Ne nous interrogeons pas non plus sur la qualité de notre système éducatif censé assurer la formation intellectuelle et citoyenne et donc la bonne compréhension des enjeux de notre société.  Les établissements scolaires fréquentés par le jeune Raphaël Enthoven ont bien accompli ces objectifs.  Alors...

Et puis, au fait,  au passage, l'attitude citoyenne se résume-t-elle uniquement au passage ou non dans l'urne? La démocratie,  notre République, est-ce seulement le suffrage? Un citoyen qui ne vote pas peut se montrer exemplaire sur beaucoup d'autres plans  à l'égard de la République, et n'être donc pas  "fainéant", "malhonnête", " irresponsable" ou "ingrat". Bien au contraire.

On notera pour finir, encore une fois, la simple évocation en cinq mots du vote blanc ("c'est un autre problème ") qui, s'il impliquait des conséquences électorales, permettrait de parfaire la connaissance de notre système démocratique, de ceux qui le composent et de sa pratique. Tant que le vote blanc n'aura pas un réel pouvoir,  il sera lié à la problématique de l'abstention. Il ne sera pas un autre problème.

Pour finir vraiment: tous les contributeurs Article Deux ont voté hier.



lundi 24 août 2015

L'Hellène et le Bressan

De notre envoyé spécial...

À Frangy, ce dimanche 23 août, sous une pluie qui n'aura pas fait fuir le peuple de gauche venu en nombre à l'invitation d'Arnaud Montebourg (plus de mille couverts auront été servis), eut  lieu la 43eme fête de la Rose.

L'invité d'honneur était cette année, et c'est une première, un étranger : Yanis Varoufakis, l'ancien ministre grec de l'économie, qui a quitté le gouvernement Tzipras suite au dernier plan d'aide imposé par la Troïka.

Un bon poulet de Bresse et une bonne "cuvée de l'Europe " plus tard, les deux ex ministres de l'économie de France et de Grèce ont donc, devant un public attentif et malgré une météo capricieuse, expliqué à la tribune leurs positions en matière de politique européenne.

Montebourg rappelait d'abord que c'est il y a un an exactement, à Frangy même, qu'il scellait son sort en demandant une réorientation de la politique économique française en faveur des ménages,  entraînant dans son sillage deux autres ministres sur la même ligne que lui, Hamon et Filipetti.

Il enchaîna bien vite sur la politique européenne, dénonçant la gestion des principaux dirigeants européens. Des dirigeants sourds aux désirs du peuple grec en refusant de donner crédit au mandat du jeune premier ministre grec Tzipras et à son ministre Varoufakis de négocier avec la Troïka, la BCE, le FMI, l'UE.

Le discours de Montebourg hélas avait un air de déjà entendu, car il y a un an déjà, il rappelait les mêmes évidences qu'aujourd'hui : l'Europe n'a pas su se donner les outils pour sortir de la crise, en ne reprenant pas la gestion de sa banque centrale.

L'ancien ministre rappelait aussi que l'Allemagne n'a pas les mêmes soucis que les autres pays, comme la France en particulier : l'Allemagne vieillit quand la France connaît une natalité dynamique, qui dans quinze ans fera d'elle le pays le plus peuplé de l'UE.

Montebourg priait donc le président Hollande de tenter un sursaut encore possible pour réorienter la politique économique française et européenne en s'appuyant principalement sur l'Italie, la Grèce et peut-être demain l'Espagne, en faveur de la relance, en s'accordant une inflation maîtrisée pour, à l'instar du Japon, de la Grande-Bretagne ou des États Unis, relancer la consommation des ménages.

"Les intérêts particuliers de l'Allemagne ne doivent pas devenir l'intérêt général de l'Europe " lança hier Montebourg avec raison.

L'hôte tenait aussi à rappeler que la solidarité européenne avait par le passé joué en faveur de l'Allemagne, notamment lorsque le président Chirac aida le chancelier Schröder à négocier pour surseoir aux critères de Maastricht suite à la réunification allemande très coûteuse pour son économie.

Il ajouta que l'Histoire nous enseigne que le peuple allemand sait mieux que n'importe quel autre peuple ce qu'est de se faire imposer un diktat de l'étranger et de se voir étrangler économiquement.

Le Bressan semble porter enfin un regard désabusé sur la notion du suffrage universel: voter non en Grèce ou en France comme en 2005 c'est comme voter oui; voter pour la gauche française c'est se retrouver avec le programme de la droite allemande.

Yanis Varoufakis prit ensuite le relais avec un long et captivant discours malgré les aléas de la traduction et... de la météo.

L'ancien ministre grec rejoignait alors l'ancien ministre français et appuyait son discours de propos d'économistes parmi les plus réputés du monde comme Stiglitz, Galbraith, eux aussi effarés de cette persistance en une austérité qui aggrave le tonneau des danaïdes de la dette.

Varoufakis captiva une assistance écoeurée par les révélations des coulisses des négociations menées de sa prise de fonction jusqu'à ce mois de juillet fatidique pour la Grèce, seule, trop seule, face à la Troïka, et surtout face à Schäuble, Juncker et Lagarde.

Dans un style non dénué d'humour et de charisme, il raconta moult anecdotes prouvant le caractère si peu démocratique des rencontres internationales à Bruxelles.

Ainsi, alors que Varoufakis s'étonnait qu'on fasse si peu de cas du mandat du gouvernement de son pays souverain et de son dernier référendum, Schäuble lui répliqua que l'on ne pouvait changer les règles au mépris des traités et que cela ne changeait rien.

Varoufakis déclara alors qu'il serait bon d'en alerter les électeurs européens mais aussi le PC chinois qui serait ainsi conforté dans sa pratique de la démocratie ...

Yanis termina, en bon francophile, par une critique cinglante de nos élites françaises. Il déplore en effet  que depuis Mitterrand / Delors,  les élites politiques aient abandonné le pouvoir en Europe aux élites allemandes et surtout se soient laissées contaminer par leur idéologie, entraînant toute l'Europe à leur suite.

On sentait aussi son  inquiétude poindre qu'au final tout cela ne se retourne contre les citoyens allemands eux-mêmes.

On retiendra pour conclure le fort du message de l'invité d'honneur de Frangy 2015: les eurocrates sont opposés à  la seule évocation d'un plan B quel qu'il soit, de Syriza ou d'autres, de peur de le voir réussir et donc de confirmer l'inanité de leurs dogmes. Comportement pathétique et condamnable... 

S.M.


Une belle assemblée 

vendredi 17 juillet 2015

Résistance par le Silence.

Quand on demande l'avis d'un peuple, que l'on met au vote les orientations politiques, sociales, économiques de son pays ou de l'entité supranationale à laquelle il appartient, qu'il subit une propagande tenace et un bourrage de crâne permanent et que malgré tout il s'oppose clairement aux dogmes que l'on veut lui faire accepter,... on nie purement et simplement son choix, l'expression de son opinion.
On se rend compte au niveau européen que ce déni de démocratie est la règle: France, Pays-Bas, Irlande, Grèce...
Ensuite, on fait semblant de s'étonner des niveaux d'abstention records des scrutins, de la montée des partis extrémistes... tout en culpabilisant le citoyen de son irresponsabilité.
Si le respect du suffrage est bafoué, que reste-t-il aux citoyens pour faire entendre leurs voix, leurs mécontentements, leurs avertissements?
Le peuple est muet en effet. Sage? Assagi par l'habitude de la pratique du régime démocratique? Assurément, il est las d'être trahi, trompé. Il ne réagit même plus ou si peu à ces graves manquements. La devise de nos dirigeants, de nos députés devient : «qui ne dit mot consent».
Nos dirigeants agissent comme s'ils testaient les limites des citoyens. Force est de constater qu'elles sont immenses mais certainement pas infinies. Jusqu'à quand vont-elles tenir? Les conditions d'existence, ou plutôt de survie, devraient être un peu plus prises en compte par nos élus...On ne sait jamais...
La démocratie n'est plus qu'une illusion, en admettant qu'elle ait existé réellement un jour...
On fait semblant de respecter des règles qui n'ont jamais été écrites que pour calmer des aspirations populaires au bien être, donner de l'espérance, affronter un quotidien toujours difficile... mais finalement surtout pour toujours satisfaire les intérêts d'une seule et même classe. Si les bons principes et les bons sentiments animant le système démocratique ont été sincères à un moment, il est clair qu'ils ont été détournés au profit de quelques-uns...
L'Ancien Régime est-il si loin?
Quand le jeu est faussé, quand le mensonge, la trahison, le mépris des règles sont récurrents, restez-vous dans la partie?
Et si l'on prônait la désobéissance citoyenne...?
Si l'on refusait de participer à cette mascarade tant que nos véritables principes républicains ne sont pas correctement appliqués? Certains sont déjà dans cette action depuis longtemps. Qualifiés d'adeptes de la pèche, peut-être sont-ils finalement beaucoup plus politisés que nos médias et experts-analystes-politiques veulent bien nous le faire croire.
Si l'on passait de l'implicite à l'explicite?
Un seul mot d'ordre: «retour aux sources». Un seul slogan: «non».
Une abstention revendiquée, proclamée, assumée. Une abstention symbole de résistance, symbole de la reconnaissance du peuple, de sa souveraineté.  La prise de conscience d'une unité permettant la décrédibilisation définitive des institutions malmenées par les sempiternels professionnels de l'élection.
Ne leur permettons plus de se servir de l'abstention comme d'un moyen d'asseoir leur pouvoir. L'abstention est une arme qui peut se retourner contre eux.
Sinon quelle alternative?
Une Ump ou LR engluée dans les affaires et les batailles d'ego et qui a déjà montré son incompétence...?
Un PS aux composantes idéologiques internes antinomiques et une soumission aux principes défendus par ses opposants...?
Un FN parti familial anti démocratique, il y a peu ultra libéral économiquement et aujourd'hui faussement étatique à des fins électoralistes...?
Un Front de Gauche dont le fer de lance justifie des régimes dictatoriaux à l'étranger et dont l'équivalent en Grèce vient de trahir lui aussi l'expression populaire...?
Une extrême gauche qui n'aspire absolument pas à gouverner et qui se compromet sur le principe de laïcité...?
Un centre traditionnellement, idéologiquement, historiquement soumis à la droite...?
Des partis écologistes reniant leurs idéaux pour des places...?
Que nous reste-t-il? Imposons une autre voie, d'autres voies, par le biais, dans un premier temps, du silence...  Ils nous méprisent. Méprisons-les.
Que vaudra un mandat obtenu avec 80% d'abstention? ou plus? Quelle légitimité pourrait bien avoir une assemblée avec un tel niveau du refus volontaire du scrutin?
Vous savez bien que certains députés érigent en courage le fait de s'abstenir de voter dans l'hémicycle. Vous savez bien que certains députés n'honorent même pas la représentation nationale de leur présence...
Le pouvoir nous appartient... paraît-il... Faisons leur comprendre...
"Résistance et obéissance, voilà les deux vertus du citoyen" disait Alain. D'abord la Résistance. Ensuite l'obéissance.
Résistance ne rime pas forcément avec violence.
Au prochain déni, elle y passe...  

lundi 6 juillet 2015

"Fraternité européenne"



Réussir à faire détester l'idée d'une Union européenne aux peuples qui la composent et qui sont pourtant convaincus de sa nécessité; 

réussir à créer de l'animosité entre ces mêmes peuples, en paix depuis si longtemps peut être pour la première fois dans leur l'histoire;

réussir cela en restant sourds aux avertissements et aux revendications qu'elles soient politiques, économiques, sociales de vos citoyens, 

réussir cela en trahissant ceux qui vous ont pourtant délégué leur souveraineté avec confiance...

Chapeau bas messieurs les technocrates!
Chapeau bas messieurs nos dirigeants nationaux démocratiquement élus!

Votre conception de la démocratie est en train de détruire une belle idée construite sur les ruines de la Deuxième guerre mondiale. Et si vous vous rappeliez qu'elles étaient les circonstances de la naissance de l'Europe? N'étaient-elles pas plus difficiles qu'aujourd'hui à tous les points de vue? N'avez-vous vraiment pas d'autres moyens d'actions, d'autres objectifs que ceux de la finance et de l'ultralibéralisme?

Après le peuple français en 2005 et sans oublier les peuples irlandais et hollandais, que vous avez superbement ignorés et humiliés, montrant là une bien étrange application du mot compromis, le peuple grec vous rappelle encore en 2015 la définition du mot Démocratie.

Il serait sans doute temps d'écouter ce nouvel avertissement ou à vos risques et périls d'avancer au moins au grand jour et de ne plus vous cacher derrière ces belles idées d'Europe et de Démocratie.

Et si vous manquez d’inspiration… lisez donc le discours qui suit… Il ne date pas d’hier mais comporte tout ce que les peuples attendent : Loi, Justice, droit, devoir, paix, intérêts communs, destinée commune, nations, qualités distinctes, glorieuses individualités, fraternité européenne, commerce, esprits, idées, suffrage universel des peuples, arbitrage d’un grand sénat souverain…


« Messieurs, si quelqu'un, il y a quatre siècles, à l'époque où la guerre existait de commune à commune, de ville à ville, de province à province, si quelqu'un eût dit à la Lorraine, à la Picardie, à la Normandie, à la Bretagne, à l'Auvergne, à la Provence, au Dauphiné, à la Bourgogne : Un jour viendra où vous ne vous ferez plus la guerre, un jour viendra où vous ne lèverez plus d'hommes d'armes les uns contre les autres, un jour viendra où l'on ne dira plus :-Les normands ont attaqué les picards, les lorrains ont repoussé les bourguignons. Vous aurez bien encore des différends à régler, des intérêts à débattre, des contestations à résoudre, mais savez-vous ce que vous mettrez à la place des hommes d'armes ? savez-vous ce que vous mettrez à la place des gens de pied et de cheval, des canons, des fauconneaux, des lances, des piques, des épées ? Vous mettrez une petite boîte de sapin que vous appellerez l'urne du scrutin, et de cette boîte il sortira, quoi ? une assemblée ! une assemblée en laquelle vous vous sentirez tous vivre, une assemblée qui sera comme votre âme à tous, un concile souverain et populaire qui décidera, qui jugera, qui résoudra tout en loi, qui fera tomber le glaive de toutes les mains et surgir la justice dans tous les cœurs, qui dira à chacun : Là finit ton droit, ici commence ton devoir. Bas les armes ! vivez en paix ! Et ce jour-là, vous vous sentirez une pensée commune, des intérêts communs, une destinée commune ; vous vous embrasserez, vous vous reconnaîtrez fils du même sang et de la même race ; ce jour-là, vous ne serez plus des peuplades ennemies, vous serez un peuple ; vous ne serez plus la Bourgogne, la Normandie, la Bretagne, la Provence, vous serez la France. Vous ne vous appellerez plus la guerre, vous vous appellerez la civilisation.

Si quelqu'un eût dit cela à cette époque, messieurs, tous les hommes positifs, tous les gens sérieux, tous les grands politiques d'alors se fussent écriés :-Oh ! le songeur ! Oh ! le rêve-creux ! Comme cet homme connaît peu l'humanité ! Que voilà une étrange folie et une absurde chimère !-Messieurs, le temps a marché, et cette chimère, c'est la réalité. 

Et, j'insiste sur ceci, l'homme qui eût fait cette prophétie sublime eût été déclaré fou par les sages, pour avoir entrevu les desseins de Dieu ! 

Eh bien ! vous dites aujourd'hui, et je suis de ceux qui disent avec vous, tous, nous qui sommes ici, nous disons à la France, à l'Angleterre, à la Prusse, à l'Autriche, à l'Espagne, à l'Italie, à la Russie, nous leur disons :

Un jour viendra où les armes vous tomberont des mains, à vous aussi ! Un jour viendra où la guerre paraîtra aussi absurde et sera aussi impossible entre Paris et Londres, entre Pétersbourg et Berlin, entre Vienne et Turin, qu'elle serait impossible et qu'elle paraîtrait absurde aujourd'hui entre Rouen et Amiens, entre Boston et Philadelphie. Un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous toutes, nations du continent, sans perdre vos qualités distinctes et votre glorieuse individualité, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure, et vous constituerez la fraternité européenne, absolument comme la Normandie, la Bretagne, la Bourgogne, la Lorraine, l'Alsace, toutes nos provinces, se sont fondues dans la France. Un jour viendra où il n'y aura plus d'autres champs de bataille que les marchés s'ouvrant au commerce et les esprits s'ouvrant aux idées. Un jour viendra où les boulets et les bombes seront remplacés par les votes, par le suffrage universel des peuples, par le vénérable arbitrage d'un grand sénat souverain qui sera à l'Europe ce que le parlement est à l'Angleterre, ce que la diète est à l'Allemagne, ce que l'assemblée législative est à la France ! Un jour viendra où l'on montrera un canon dans les musées comme on y montre aujourd'hui un instrument de torture, en s'étonnant que cela ait pu être ! Un jour viendra où l'on verra ces deux groupes immenses, les États-Unis d'Amérique, les États-Unis d'Europe, placés en face l'un de l'autre, se tendant la main par-dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce, leur industrie, leurs arts, leurs génies […]. »


Congrès de la Paix, 1849, Victor Hugo, Actes et Paroles, 1849.

 
The Final Countdown